Quoi de neuf Monsieur Noé ?
Prix : 10 €

Paul-Louis Martin
Dossier de presse

Dans ces contes, Paul-Louis Martin donne la parole aux animaux, s’inspirant peut-être de La Fontaine ou du Roman de Renart. Et les animaux en profitent pour se moquer des hommes. Ils sont sans pitié. La légèreté est de leur côté, tandis que les hommes sont plutôt lourds et épais. Dans l’Arche de Noé, que pensent de nous les fourmis, les chattes, les truites, les goélands, les hérissons ? Telle est la question...

Liste des contes
  • Monologue
  • Idylle
  • Le régime
  • Les aventures de Scrafouillette
  • Tragédie chez les goélands
  • Truitone
  • La chapka
  • The squirrel
  • Sidonie
  • Monsieur Boule
  • L’Homme des bois
  • Apis

Extraits
Les aventures de Scrafouillette

« Mais pourquoi il m’a fourrée, moi Scrafouillette, dans cette satanée cage à oiseaux ? La dernière fois qu’il m’a enfermée comme ça, je me suis retrouvée chez le vétérinaire ! Chat échaudé craint l’eau froide ! C’était juste après la naissance de mes quatre jolis petits chatons que je n’ai pas vus bien longtemps…(…) il m’a enfermée dans cette cage, avec mille petites caresses bien gentilles, et des mots très doux, trop doux pour être honnêtes ! Du genre, tu vas voir, ça va pas être long, ma petite mignonne, sois sage, et tu vas connaître un nouveau papa bien gentil, et puis tu pourras te balader dans un grand parc plein d’oisillons et de bons rats fruitiers bien tendres, comme c’est bon les petites mésanges bien dodues ! Allez le voyage ne va pas être long, sois grande ma petite, montre-toi raisonnable...
Raisonnable ? Il me prend pour qui ? Il croit que je vais gober son histoire de mésanges ? Moi je sais bien qu’il me largue ! Qu’il ne veut plus de moi ! Et puis maintenant, me voilà dans le coffre de sa maudite maison à moteur qui pue et qui fait du bruit.(...)
Dès que son ex-maître commença à ouvrir la porte, elle bondit telle une flèche, une fusée et disparut au loin sans que personne n’ait eu le temps de réagir. Il eut beau crier : Scrafouillette ! Scrafouillette ! Reviens ! Ma Chérie ! Reviens ! Rien n’y fit. Elle disparut à l’horizon et se perdit dans les taillis touffus...
Commença alors une autre vie pour notre héroïne. (...)

La maison était toujours pleine de copains sympas, de rires et de fous rires, et de jolies musiques. Scrafouillette avait été adoptée sans problèmes. Ils ne lui donnaient jamais de « boîtes à chats » Au contraire, elle partageait leurs repas et mangeait comme eux… C’était le bonheur retrouvé.

Un jour, un beau dimanche, un groupe de promeneurs passa sur le chemin longeant la maison. Scrafouillette était allongée sur un muret que chauffaient les rayons d’un soleil tout printanier. Soudain un homme la vit et la reconnut. C’était son ex-maître !!! Il s’arrêta ému, et, laissant ses amis, vint vers elle lentement, en disant d’une voix douce : « Ma petite Scrafouillette…Ma petite chérie…Te voilà ? Te revoilà ? Je savais bien que tu étais en vie…Je t’ai enfin retrouvée…C’est un miracle ! »

Scrafouillette le fixa un bref instant droit dans les yeux, puis, tandis qu’il s’approchait encore, elle se leva lentement, s’étira délicatement, et avec une indifférence pleine de mépris, rentra à pas lents dans sa nouvelle maison...

Dans la presse

  • « C’est amusant, c’est frais, c’est facile à lire, c’est bien écrit. » Henri Nicolas (Journal de Saône et Loire du 11 novembre 2010)
  • «  Paul-Louis Martin donne la parole aux animaux. Fourmis, chats, goélands ou encore hérissons qui peuvent enfin exprimer leurs ressentiments vis-à-vis des hommes. » Virginie Schohn (Var Matin du 1er décembre 2010)

Analyse de Pierre Molimard (extrait)
« Quoi de neuf, Monsieur Noé ? » Rien, sinon un livre. Un bon livre.

Paul-Louis Martin a le mérite de donner la parole à ces animaux qui nous sont supérieurs parce qu’ils ignorent l’hypocrisie, les petits calculs de l’amour-propre (amour-propre qui ne le reste jamais longtemps), la mesquinerie, l’égoïsme, la brutalité, la muflerie...la bêtise. »

Oui, Monsieur Martin, j’imagine fort bien la réaction violente de Jean-Charles R. après le crime du garçon de café écrasant d’un doigt sur le comptoir la petite fourmi, celle qui a éclairé sa captivité injuste. C’est vrai, même les vieilles chattes qui répugnent à Scrafouillette trahie (elle aussi !) par un être humain, ne sont pas aussi laids que ce garçon de café au « visage adipeux, couperosé, scrofuleux ».

« Paul-Louis Martin est un écrivain élégant, pudique, préférant la litote aux grandes orgues. Un écrivain qui, l’air de rien, juché sur les épaules de Darwin, vous rappelle votre juste place dans la nature, vos devoirs envers la planète et, plus encore, envers vous-même.

Pierre Molimard, le 5 décembre 2010, au soir d’une journée pluvieuse éclairée par la lecture d’un bon livre.