Abracadabrantextes
Prix :12 €  (port compris)
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Paul-Louis Martin
Parc de Beauséjour A2
225, avenue Beauséjour
83700 Saint-Raphaël
Vente Abracadabrantextes
Frontispice: Joëlle Brière
Extraits

Le Carrosse des Tsars

L’idée m’est venue par un jour de grand froid à Saint-Pétersbourg : -32° ! Ces températures tapent sur le système et il n’est donc pas étonnant qu’elles provoquent des bouffées délirantes chez les âmes sensibles, un peu comme les vents chauds sous nos latitudes : foehn et vent d’autan, en particulier. Donc -32°. Ah, c’est encore descendu : -33° maintenant. Vite je rentre au Musée de l’Ermitage pour me réchauffer. Quelles merveilles ! La vasque en malachite ! Le clavisharpe (sorte de mariage entre le clavecin et la harpe) et le grand Carrosse de parade des Tsars de Russie ! En fait de véhicule, je n’ai jamais rien vu de si beau ni de si riche. Les Rolls-Royce, à côté, feraient un peu minable, un peu fauché. Le Carrosse des Tsars ? Que de l’or. Vous rendez-vous compte ? Rouler dans de l’or ! Je suis fasciné. Et ces roues ! Deux mètres de diamètre. Et à l’intérieur ces coussins d’un rouge sublime. Le tout finement ornementé et ciselé. Pas un centimètre carré qui ne soit travaillé par des artisans venus du monde entier pour réaliser ce chef d’œuvre. J’imagine Catherine de Russie et son amant Potemkine, Alexandre III et le petit tsarévitch Nicolas...
Peu à peu, en moi, l’admiration fait place à l’envie folle de posséder ce Carrosse… Cela tient du vertige Je me sens chanceler, tituber, je suis comme ivre. Je voudrais le toucher, monter dedans, et qu’il m’emmène, qu’il m’emporte loin de cette morne existence. C’est alors que jaillit l’Idée, qui m’est dictée au fond de moi, par une petite voix charmante : « Et si je devenais Tsar ? » Avouez que ce n’est pas ordinaire comme idée ! Vous me voyez là, reprenant le flambeau de l’Empire russe, éteint en 1918, par les sbires de Lénine ? , , . Le vol est impossible, et d’ailleurs je le réprouve. Bien que la démarche que j’envisage soit beaucoup plus risquée, voire sanglante, elle présente l’avantage d’être radicale et digne. L’idée est la suivante : pour devenir Tsar, il faut d’abord être russe. Pour cela il faut être naturalisé, et donc épouser une russe. Le mieux, le plus rapide pour atteindre mon but, serait de faire ma cour à une Romanov. Comme la lignée directe engendrée par Nicolas II et Alexandra Féodorovna a été rompue net par les Rouges, il faut trouver une Princesse de la parentèle Romanov. Ce Nicolas II avait-il des frères, des sœurs ? Il faudra faire des recherches généalogiques, ou consulter des ouvrages spécialisés ou questionner l’Ambassade. Je ressens comme une sorte d’urgence. Plus je le regarde, plus le Carrosse me semble sublime. Il sera un jour à moi !


Chet Baker

Les dernières images sont terrifiantes. Une espèce de clochard. Un SDF. Une épave horrible, avec de longs cheveux qui semblent sales, noués en queue de cheval. Et pourtant, il a toujours cet air de vieil éternel jeune homme. Chet Baker, musicien blanc américain, trompettiste et chanteur. D’une douceur étrange, un peu comme le sucre de la mort, sa musique est fluide et se balade dans les étoiles. Elle nous emmène loin de nos tourments présents, vers d’autres planètes, où la guerre et la misère n’existent pas. Il était beau, très maigre, un visage fin, mais très marqué, sans doute par les paradis artificiels. Mais on n’en sait rien. Il était plus beau que James Dean ou Di Caprio ou Gérard Philipe ou Alain Delon. Et en plus il jouait de la trompette et il chantait !


WAM

WAM
WO.AM
WO.AMM
WO.AMMO
WOL.AMMO
WOL.AMA.MO
WOL.AMA.MOZ
WOLF.AMA.MOZ
WOLF.AMAD.MOZ
WOLF.AMAD.MOZA
WOLFG.AMAD.MOZA
WOLFG.AMADE.MOZA
WOLFG.AMADE.MOZAR
WOLFGA.AMADE.MOZAR
WOLFGAN.AMADE.MOZAR
WOLFGANG.AMADE.MOZAR
WOLFGANG.AMADEU.MOZAR
WOLFGANG.AMADEUS.MOZAR
WOLFGANG.AMADEUS.MOZART.

Ouf ! J’ai cru que je n’y arriverais jamais…Mais en fait, WAM, cela me plaît bien. C’est joli, familier. Lorsque WAM nous a quittés, le 5 décembre 1791 à Vienne en Autriche, il fut enterré dans la fosse commune. Seul un chien galeux, lépreux, chassieux, ulcéreux et scrofuleux suivait le corbillard. Ce n’était pas un chien de race mais un vulgaire bâtard, de couleur indéfinie, gris avec un peu de marron. Assez petit comme chien. Au poil plutôt rare et terne. Hé bien, vous voulez savoir ? Ce chien minable, c’était moi ! Waouh !...Waouh! WAM ! WAM !…


Dans la presse
  • "Son second ouvrage, paru chez le même éditeur (La Renarde Rouge) a pour titre qui demande du souffle pour être bien prononcé : "Abracadabrantextes". Mais il en définit bien le genre, avec un sous-ensemble appelé "Délires". N’empêche qu’il est fort bien écrit." Jean JANINET (Journal de Saône et Loire, 5 octobre 2004)
  • "Quelques feuillets à lire chaque soir et l’on fait de beaux rêves, surtout en ces temps où la télévision veut nous laver le cerveau pour vendre du coca-cola (...) Alors que la lecture est un plaisir simple où l’on ne risque ni PV, ni retrait de permis (que je n’ai pas) pour conduite en état d’ivresse. Allez un petit bouquin pour la nuit et bonsoir..." FARGO (Forums du Monde, 12 octobre 2004)
  • "Abracadabrantextes au Théâtre de Poche. La Compagnie du Manteau d’Arlequin et les comédiens de la Compagnie de l’Etincelle proposent une soirée unique de lecture de nouvelles de Paul-Louis Martin vendredi 29 avril 2005 à 20 h 30 au Théâtre de Poche de Fréjus, traverse Castelli." (Var-Matin 28 avril 2005)